Performance – la task force « performance » est une vraie fausse bonne idée.

Monter une équipe pluri-disciplinaire pour travailler sur une problématique de performance peut être vue par la hiérarchie d’un projet comme une action rassurante mais elle peut s’avérer rapidement très décevante.

Les responsables du projet vont voir dans cette task force une organization permettant de rapidement débusquer les problèmes de performance et les solutionner tout aussi rapidement puisque toutes les compétences sont mobilisées.

Or la réalité du terrain en matière d’audit de performance est toute autre.

Tout d’abord précisons ce que nous entendons par task force?
La task force dont nous parlons est une équipe pluri-disciplinaire qui est constituée dans notre cas pour résoudre des problèmes de performance d’une application. Cette task force est créée à l’initiative d’un manager dans le but de faire travailler simultanément plusieurs ressources à la résolution de problèmes. Les motivations principales sont de réunir toutes les compétences autour de la table pour faciliter le diagnostic d’une défaillance et sa correction. En effet l’activité d’audit de performance est multi disciplinaire et il n’est pas simple pour un manager de recruter le ‘mouton à 5 pattes’ connaissant le réseau, le système, les socles applicatifs, les moyens de supervision, la méthodologie de test, les outils de test, le langage de développement, etc.
Donc réunir toutes les compétences semblent être une démarche intéressante et productive.

La mise en place de la task force dans laquelle tous les intervenants seraient mobilisés en même temps voire même regroupés physiquement dans un même lieu, est réellement une vraie fausse bonne idée.

Mon premier argument repose sur la difficulté à cadrer l’activité dans cette équipe pluri-disciplinaire.

En effet l’audit de performance est une activité qui doit être menée avec méthodologie. Or faire travailler ensemble tout ce petit monde d’experts, qui auront probablement un égo surdimentionné, peu devenir un vrai challenge. Il faut d’abord qu’ils partagent une vision commune de l’architecture, et des objectifs du chantier. Chacun étant persuadé qu’il détient la vision idéale, la solution au problème ou que le problème vient forcément d’une autre couche de l’architecture que celle sur laquelle il travaille communément.

Cette task force est l’hydre de Lerne. Chacun des membres tirant vers une issue mais chacun oubliant également l’objectif premier de cette task force.

Le manager peut prendre la tête de ce petit groupe pour essayer de le coordonner mais il va lui manquer la méthodologie de travail et peut être une base technique lui permettant par exemple d’organiser les actions de 2 techniciens ayant un point de vue radicalement opposé sur une problématique.

Ce n’est pas facile à faire fonctionner mais l’équipe peut tout de même être dirigée. Reste tout de meme à trouver une approche méthodologique efficace de l’activité?

Mon second argument repose sur la nature même de l’activité.
En effet, l’audit de performance est une activité incrémentale impliquant de multiples actions très chronophages. Selon la maturité du chantier, il peut être nécessaire de définir des objectifs « métiers », des scénarios d’utilisation du système, d’identifier des volumétries de données et préparer un environnement de test, de scénariser les cas d’utilisation, d’organiser la supervision des systèmes et la collecte des métriques, puis d’analyser les résultats des tests, diagnostiquer les dysfonctionnements, modifier éventuellement le code de l’application, et réitérer la démarche pour s’assurer de la pertinence des ajustements … In fine, la plupart du temps, il est généralement demandé d’élaborer un rapport permettant de capitaliser les résultats du chantier et animer des scéances de présentation des résultats aux managers et aux techniciens du projet.

Et c’est bien là qu’apparait une autre difficulté. Regrouper des experts qui attendent qu’une action soit à réaliser dans leur domaine de compétence.

Vous aurez compris que pour conserver la motivation de cette équipe pendant toute la durée du chantier cela va relever également du challenge.

Non décidément je n’y crois pas!

A moins que …

Et si cette activité d’audit de performance était menée par un expert de la performance qui aurait le recul nécessaire pour mettre en place la méthodologie liée à cette activité. Idéalement cette personne devrait posséder une autonomie sur les outils de test, et un domaine d’expertise complémentaire ainsi qu’une connaissance générale sur les autres sujets. Il pourrait être ainsi le leader sur l’activité. Il aurait une autonomie suffisante pour gérer le chantier au jour le jour en communiquant auprès du manager l’avancement de l’activité. Donc plus de problèmes de gestion et de coordination de l’équipe!
Et s’il savait identifier des problèmes potentiels, il pourrait être accompagné par un expert pour établir un diagnostic plus précis des dysfonctionnements relatifs au domaine de compétence du spécialiste. Donc plus de problèmes d’organisation de l’activité et de motivation de l’équipe.
Le role du manager consiste, dans ce cas, à mobiliser une équipe sur le chantier de performance en précisant l’organisation du chantier et la responsabilité de chaque intervenant.

Comme vous l’aurez constaté au travers du titre volontairement provocateur, la task force « performance » telle qu’elle est décrite ci dessus semble être une bonne idée mais n’en est vraissemblablement pas une.

Et vous, comment vous êtes vous organisés pour résoudre vos problèmes de performance?

http://www.jperf.com

Autres articles sur le sujet:

http://apmblog.compuware.com/2013/10/30/10-questions-to-avoid-a-classical-business-war-room-scenario/

 

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A propos jlerbsc

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2 commentaires pour Performance – la task force « performance » est une vraie fausse bonne idée.

  1. kripskroll dit :

    Bonjour,
    Je suis assez d’accord avec la partie « à moins que… »
    Quelles entreprises possèdent aujourd’hui en France cet expert qui pourrait délivrer un tel service ? Quelles sont les entreprises prêtent à investir dans ce type de ressources / services ?

    Cordialement

  2. jlerbsc dit :

    Bonjour kripskroll,
    Effectivement il serait probablement anti-productif pour une entreprise dite « cliente » de posséder ce type de resource en interne bien que la mise en place d’une usine de test interne puisse se justifier dans certains cas. Il existe aussi des personnes ayant développé au fil des expériences ce type de compétences (méthodologie de test, maitrise des outils de test & de diagnostic, maitrise de l’architecture/langage de programmation, etc.). Il s’agit bien d’une expertise qui peut être apportée sous la forme d’une prestation. C’est par exemple ce type de prestation qui constitue aujourd’hui le Coeur de métier de JavaPerf Consulting.
    Cordialement,

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